23 janvier 2008

NOUVEAU SUR LE BLOG : Le glossaire des élections

Les Etats-Unis, rappelons-le, sont une fédération. Chaque état est donc libre de définir un certains nombre de lois et de règles, notamment en matière électorale. Résultat : le système des primaires est un véritable casse-tête ! Du parti républicain au parti démocrate, de l'Iowa au Nevada, chacun y va de sa tambouille interne. Voici donc un petit glossaire qui nous l’espérons vous permettra d’y voir plus clair… N’hésitez pas à nous poser vos questions dans vos commentaires.

 

Caucus : mot d’origine amérindienne selon toute probabilité, qui désigne un rassemblement de militants politiques locaux d'un parti pour désigner un candidat à l'investiture de ce parti dans la course à la présidence. Concrètement, le caucus se déroule en plusieurs étapes. Les militants locaux, qui exercent une activité à l'échelon d'un bureau de vote, choisissent des délégués qui les représenteront aux réunions organisées à l'échelon du comté. Tous les électeurs d'un bureau de vote sont convoqués à la même heure. Ils se regroupent alors dans le bureau de vote par préférence derrière un capitaine qui soutient officiellement un candidat. Un candidat qui n'obtient pas 15% des voix dans un bureau est éliminé. Au fur et à mesure que le processus avance, les capitaines des candidats restants essaient de rallier à leur cause les supporters des candidats perdants. Les caucus pratiquent en général le vote à découvert, mais certains états (notamment côté Républicain) votent à bulletin secret ou bien n'imposent pas la barre des 15%.

 

Super Tuesday (Supermardi) : Cette expression remonte à 1988. Le 9 mars de cette année-là, certains États du Sud se regroupèrent pour organiser un bouquet de primaires simultanées à l'échelon régional. Cette initiative visait à renforcer l'importance des États du Sud dans le processus de sélection d'un candidat à la présidence et à amoindrir l'impact des caucus de l'Iowa et des primaires du New Hampshire, premiers en date. Cette année, le Super Tuesday aura lieu le 5 février dans 22 Etats. Cette date est à retenir car le poids de scrutins aussi vastes et simultanés a tendance à accroître ou à détruire les chances de potentiels candidats à la présidence compte tenu du nombre de délégués à la convention désignés en une seule journée.

 

Primaire : Les primaires servent à indiquer dans chaque Etat et pour chaque parti les candidats favoris à la présidentielle.  Selon les lois de l'État, les électeurs votent directement pour le candidat présidentiel de leur choix ou pour des délégués qui se sont « engagés » à soutenir ce candidat présidentiel à la convention nationale du parti. Les primaires peuvent être fermées : en ce cas, seuls les électeurs affiliés a un parti reçoivent un bulletin de vote, ou semi-fermées : en ce cas, les électeurs affiliés et les indépendants peuvent voter pour les candidats de l'un des partis. Dans les primaires ouvertes, les électeurs n'ont pas à déclarer pour quel candidat ils votent, mais ils ne peuvent voter qu'une fois. Enfin, dans les primaires semi-ouvertes, les électeurs doivent déclarer leur candidat, mais ils sont libres de voter hors de leur parti d'affiliation. Pour voter lors des primaires, il faut être inscrit sur la liste électorale de l’État. Donc, toute personne de 18 ans et plus peut voter.

 

Délégués : personnes choisies par et parmi les membres de chaque parti pour se réunir et désigner officiellement le candidat officiel de leur parti a la présidence lors des conventions nationales. En général, chaque délégué s’engage clairement pour un candidat, mais rien ne l’empêche de changer d’avis. C’est pourquoi les candidats a la présidentielle sont autorises dans certains états à révoquer certains d’entre eux s’ils sont jugés peu fiables. Pour obtenir l’investiture du camp démocrate, un candidat aura besoin de remporter une simple majorité de 2025 délégués sur les 4049 délégués (super délégués compris) qui se rendront à la Convention nationale en Aout prochain, à Denver, dans le Colorado. Cote Républicain, les délégués se réuniront en septembre à Minneapolis, dans le Minnesota. Le candidat qui recueillera 1191 voix sur 2380 l’emportera.

 

Super délégués : Ils sont au nombre de 796 dans le camp démocrate, et de 463 dans le camp républicain. Ce sont en général des personnalités politiques (membres du Congres, gouverneurs, maires, responsables de parti ou d’anciens officiers du gouvernement) désignées d’office (c'est-à-dire non-élues). A l’inverse des délégués, ils n’ont pas besoin de s’engager pour un candidat, ni de voter pour le candidat qui a été plébiscité dans leur état.

 

Winner takes it all : Processus par lequel le candidat qui est arrive en tête du scrutin rafle l’ensemble des voix des délégués d’un même état. Dans le cadre des primaires, seul le parti républicain applique ce principe, et ce dans certains Etats seulement. Cote Démocrate, en revanche, les voix des délégués se repartissent à la proportionnelle entre les candidats ayant recueilli au moins 15% des voix.

 

Hard money/soft money - Termes utilisés pour différencier les fonds dont l'utilisation est ou n'est pas régie par la loi sur le financement des campagnes électorales fédérales. Hard money désigne l'argent dont la loi régit l'attribution et qui peut être utilisé pour influencer l'issue des élections fédérales, c'est-à-dire en faveur de candidats précis. Soft money désigne l'argent qui n'est pas attribué dans le cadre de la loi et doit être réservé à des activités qui n'influent pas sur l'élection d'un candidat à des fonctions fédérales - par exemple, les campagnes pour l'inscription sur les listes électorales, les initiatives en vue de structurer un parti ou les dépenses administratives, ainsi que les aides destinées aux candidats à des fonctions locales ou à l'échelon des États.

 

Claire Derville

Sources : Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat, Wikipedia,  www.dandurand.uqam.ca