09 avril 2008
EDITO LH : L'IRAK POLITIQUEMENT PARFAIT !

Il y avait quelque chose de fort à regarder cette audition du congrès.
Une salle de Washington, bien feutrée, loin des rockets qui tombent quotidiennement dans la zone verte, l’enclave américaine fortifiée en plein coeur de Bagdad.
Ce fut, dit-on, un moment historique interrompu pendant quelques secondes par les cris d’un manifestant hurlant aux hommes politiques un peu gênés, « Bring our guys home, ramenez nos gars à la maison »… Vite maîtrisé par la sécurité, ce cri a duré quelques secondes et personne comme d’habitude dans ce monde si poli de Washington n’y a fait bien attention. On a remarqué les photographes immortalisant cette audition du général Petraeus, le commandant en chef des forces américaines en Irak… Soldat au service de sa nation et bien sanglé dans son uniforme militaire. D’une voix sans faille, il a rappelé avec l’ambassadeur américain en poste à Bagdad que « des progrès sont faits en Irak mais que c’est loin d’être satisfaisant ».
L’Irak s’est imposé ce mercredi dans la campagne américaine et au-delà de l’importance du dossier, on attendait la prestation des trois futurs présidents potentiels, candidats ravis de nous montrer leurs savoirs et de torturer en direct le militaire sur la sellette.
On a donc bien entendu McCain l’air grave, sérieux et très calme se faire confirmer officiellement « qu’Al Quaida est toujours en Irak… ». Hillary, d’une voix mielleuse a demandé au général Petraeus « ce qu’il fallait faire » et Obama, l’air un peu enfantin, voulant montrer au monde qu’il veut vraiment changer notre monde… Hillary, souhaite « une pression sur le gouvernement iraquien pour obtenir « une réconciliation nationale ».
Obama, lui, demande d’urgence « une augmentation diplomatique avec la reprise de pourparlers entre Américains et Iraniens pour stabiliser la situation car sans les Iraniens, rien n’est possible » déclare-t-il fermement. Sur le retrait si attendu, tout le monde se veut bien prudent… Bref, ce fut une audition politiquement parfaite et correcte. Il ne manquait, selon moi chers internautes, que les photos des 4 000 soldats américains tombés là-bas depuis 2003 pour rappeler humainement l’horreur d’une guerre.
MA PHOTO DU JOUR :
Joshua Munns, un Californien, kidnappé en Irak depuis le 27 mars 2007.

Pour votre info...en vo.... Monday 7 April : 47 dead
Baghdad : 9 killed in US air strike, Amin ; 4 killed in US air strike, Sadr City ; gunman kills student at school playground ; 9 killed in clashes, Sadr City ; 4 bodies. Basra : 8 are killed in house when bomb explodes ; roadside bomb targeting General kills 2 bodyguards ; 7 bodies. Salahuddin Dhuluiya : 2 father and son (Abboud Hussein Yassin and Falah Yassin) are killed by US forces in their house.
Ninewa Hadhar : gunmen kill mayor's wife.
10:15 Publié dans Made in politics : l'édito de LH | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : congrès, washington, Bagdad, Général Petraeus, Irak, Hillary Clinton, John McCain
09 mars 2008
EDITO DU WEEK END: KAMIKAZES!
KAMIKAZES
Il y a quelque chose de pathétique à observer ces jours ci : Hillary et Obama cette semaine. Comme des enfants, ils se chamaillent sur du rien. Le dernier épisode en date : l'affaire Samantha Power. Cette jeune femme, ancienne journaliste, conseillère en politique étrangère de Barack a accordé une interview à un journal écossais. Off the record, elle confesse "qu’Hillary est un monstre".
Evidemment les sales journalistes ont publié à la Une la phrase. Puis un peu plus tard, Samantha dans une interview avec la BBC déclare que "si Barack dit officiellement qu'il retirera les troupes d’Irak en 2009, une fois élu il pourra changer d'avis en fonction de la situation sur le terrain". Immédiatement les monstres en politique se sont emparés de ces petites déclarations, Toute la journée de vendredi, des conférence calls ont été organisées par la campagne Clinton pour dénoncer "l’inexpérience de Samantha, son côté amateur et le fait qu’Obama promet des choses qu'il ne tiendra pas sur un dossier aussi sensible que l’Irak".
Bref, l’affaire Samantha est devenu une affaire d’état et laissez moi vous dire que ça volait bien bas dans les attaques. Dans la même journée, on a donc vu Samantha démissionner et pleurer en silence, enfermée chez elle, sa réputation détruite. Par communiqué, elle reconnaît "avoir fait une erreur impardonnable".
Barack, lui, précise "qu’il se refuse à aller dans une campagne négative". Hillary, elle, ajoute "le manque de substance est enfin prouvé". Ce week-end, la campagne Clinton "spin" pour bien faire revoter dans les prochaines semaines la Floride et le Michigan. La campagne Obama affirme qu'effectivement ces deux états doivent compter mais sans plus de détails. Par conférence call, vendredi j'ai aussi demandé aux conseillers de Clinton : "comment allez vous faire précisément pour améliorer l’image de l'Amérique dans le monde ?".
Réponse : "une fois Bush parti, tout ira mieux. C'est un problème de personnalité et nous nous battrons pour le bien du monde et pour une planète où l’environnement sera défendu"… Fin de commentaire…
Alors je me suis tournée vers les républicains pour analyser leur semaine. Bush a bien reçu Mc Cain à la Maison Blanche, les deux ennemis d’hier se sont unis pour le bien de la cause et le parti marche en ordre derrière son candidat de 71 ans.
Loin des fureurs du petit monde, démocrate, John Mc Cain continue son petit bonhomme de chemin en sillonnant quelques états et dans un avion parle un peu plus rudement aux journalistes. Mais il est en campagne présidentielle. Et il avance en vieux sage tranquille.
Loin des candidats kamikazes.
PHOTO DU JOUR: Samantha Power....

16:05 Publié dans Made in politics : l'édito de LH | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Edito de LH, Samantha Power, Hillary Clinton, Barack obama
01 mars 2008
EDITO WEEK END : AU ROYAUME D'HILLARY
LIVE FROM OHIO... EN SUIVANT HILLARY
Il était une fois, un instant de campagne. Vendredi, 14 heures. Hillary visite une école pauvre de l’Ohio. Dans ces dernières heures, la candidate sillonne l’Amérique en souffrance. C’est, dit-elle, "une campagne-réalité" loin des grands stades d’Obama où désormais, des acteurs viennent chanter "Yes we can", tube politique de l’année.
Hillary refuse la politique des paillettes. Alors, ici dans le Lawrence County, l’une des régions les plus pauvres de l’Etat, elle a fait venir des mères divorcées. Pendant deux heures, elle se veut à leur écoute. Sa campagne surnomme cela : "Hillary et ses solutions pour l’Amérique".
Dans une mise en scène parodiant une bonne émission de télé–réalité, la candidate confesse publiquement "deux mères en grande difficulté", Bridget et Janee.
Bridget élève un enfant seule et est ruinée. Janee a quatre enfants dont un handicapé. Elle ne peut plus payer les soins médicaux dans ce pays où la sécurité sociale n'existe pas. Hillary "passionnée, bouleversée par ces drames et ces dames" se veut amie et psy. Brillante, intelligente, sensible, émue, elle les console avant de leur expliquer avec brio, sa réforme de santé. Et pourquoi bien sûr "elle est meilleure que tout le monde".
Dans la salle, nous, sales vautours de la presse sommes impressionnés. Hillary défend avec force, vigueur et passion son programme de santé. Elle apparait avocate infatigable de ces "working moms, ces femmes qui travaillent et qui souffrent tant". L’Amérique Clinton renaît !
Mais subitement, une femme se lève. Elle a du mal à parler. En pleurs, elle apostrophe le sénateur Clinton : "SVP Hillary, aidez-moi, je suis endettée, ruinée, mon mari est malade, je ne peux plus rien payer… que dois-je faire ?". On entendrait une mouche voler… Hélas ! Seul l’écho des larmes résonne. Cette femme au chômage désespérée affiche son malheur et appelle à l’aide Hillary. Les caméras sont braquées. C’est alors le moment… Une petite seconde d'hésitation et un léger recul d'Hillary. D’une voix dure et cassante, elle regarde de côté cette femme puis déclare : "Je vois effectivement que ca va très mal pour vous...". Puis elle enchaîne pour répéter comme une machine toutes ses propositions économiques. Huit minutes de discours face aux pleurs.
Inconsciemment, l’image de Barack surgit. Qu’aurait-il dit ? Qu’aurait-il fait ? Selon nous, Barack serait descendu de son estrade pour simplement serrer le désespoir sur son cœur. L’image aurait été partout et la presse de plus en plus amoureuse aurait bien mis en Une un candidat si proche de tout. Mais Barack n'était pas là et il n’y a donc rien à raconter sinon des faits.
Hillary est apparue telle qu’elle est devenue après des années de vie dans une bulle. Une machine politique formidable, incapable du moindre sentiment en public. Une dame de fer implacable, rodée à tous les sales coups sauf à ceux de l'humanité.
Un peu plus tard, en coulisses, sous mes yeux, elle a demandé d’une voix agressive, "un verre d'eau". Deux esclaves de campagne sont arrivés. En deux secondes, ils lui ont aussi installé un petit tabouret pour qu’elle puisse bien poser ce verre au cas où… La reine était servie.
On avait envie simplement envie de hurler à Hillary d'arrêter tout. Le tabouret, le staff à ses pieds qui la conseille de ne rien risquer, cette équipe qui lui dit de répéter comme une machine ses idées et de ne jamais improviser. Tous ces gens de communication trop payés qui l’appellent déjà "MTP, Madam The President".
On avait vraiment envie de leur dire à tous d’aller passer quelques minutes chez cette femme qui pleurait.
Bien loin d'un royaume si insensible au peuple.
07:45 Publié dans Made in politics : l'édito de LH | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : Hillary Clinton, Barack Obama, Ohio, Lawrence County, Amérique, MTP
23 février 2008
EDITO DU WEEK END : LA BARACKMANIA !

Je suis énervée. Hier, deux très bons amis m’ont appelé. Ils ne vivent pas ici mais savent tout sur l’élection. Reine de Paris est certaine "qu’il va passer et qu’Hillary est bien finie". James de New York est lui persuadé que "Barack inspire des milliers de gens, redonne un sens à tout et surtout à l’Amérique". Ils sont fanatiques de politique et d’Obama et assistent globalement a la curée Clinton. Aucun argument n’est possible. Barack is the greatest one ! Eux, amoureux il y a juste huit mois, d’Hillary.
Un peu plus tard, à 15 heures, dans un salon de Brooklyn, un photographe Paul me dit se sentir en totale fusion avec Barack car "il a découvert en immigré ses racines chinoises a 17 ans et Barack a lui, découvert sa famille Kényanne à 22 ans. Great !". C'était le mariage de Tony et Sylvie et au goûter tout le monde a toasté leur bonheur en hurlant "…Yes, we can" (slogan entonné par Barack à chacun des ses meetings).
En rentrant chez moi, le New York Tîmes affiche à la une Hillary et ses problèmes d’argent avec ses conseillers qui s'amusent beaucoup dans tous les palaces de l’Amérique et plein de factures impayées. Au téléphone Jon me dit que "sa vie a désormais un sens grâce a Obama". La directrice d’un grand journal américain me confie qu’"Obama est l’ homme le plus sex du moment".
Une maman a mis sur Internet son bébé de 2 ans pouce en bouche chantant "Obama Obama". Mon fleuriste me demande si c’est vrai qu’"une lumière apparaît quant il apparaît". Le homeless du coin a un petit badge "For Ob". Les gamins à l’ecole du quartier hurlent tous "mettez le gaz" et dans le métro un sourire obamien flotte sur tous les visages. Pour les New Yorkais, la destination la plus chic est d’aller à "Obama petite ville au Japon". Le monde est amoureux de Barack et veut me faire partager son plaisir. Lorsque j'ose rappeler que sa campagne nous manipule bien dans ce plaisir et prépare des trucs bien salaces a sortir sur Hillary au cas où, on hurle "Hillary est une sale politicienne, l'Amérique Clinton est finie".
Ma tête est remplie de gens déclarant leurs fanatismes a Barack. Alors rebelle des choses qui vont trop bien je craque. Restons calmes. Il y a encore beaucoup de temps et tout peut arriver à chaque instant sur la route de cette campagne de plus en plus imprévisible. Un attentat, une crise cardiaque, une maladie, remettant tout en jeu. Cette semaine, le seul moment d'émotion ignoré par les barackmaniaques fut au débat au texas. Les trois dernières minutes avec une Hillary résignée sans lumière dans les yeux. Mais d’un seul coup, la flamme a rejailli. Hillary a abattu son ultime carte face à nous public, guettant comme des chacals la chute finale. "Qu’oiqu'il se passe, tout ira bien pour nous, a-t-elle dit la voix tremblante avant d'ajouter, et je souhaite que cela soit le cas pour L’Amérique, notre pays". La salle s’est alors levée pour applaudir de longues minutes cette candidate faisant ses adieux au public ou jouant sa dernière chance.
Un moment capital de campagne. Hillary n'est jamais aussi bonne que dans l'adversité… et on avait alors simplement envie de demander à Barack d’arrêter de faire son sourire charismatique de gamin servile. D 'arrêter de montrer à la camera comment en gentleman il l'aidait à se lever en lui tenant sa chaise. Trop gentil pour être sincère.
LH
17:55 Publié dans Made in politics : l'édito de LH | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : Hillary Clinton, Barack Obama, badge, New York, Japon, Texas, Amérique
17 février 2008
UNE LECON DE DEMOCRATIE ?
A 11h30, l’annonce est précise: "Hillary Clinton, selon son directeur de campagne Howard Ickes "ira jusqu'au bout". Qu’importe le vote populaire, elle se battra délégué par délégué, Etat par Etat et ira même à Porto Rico le 7 juin. "Mathématiquement il est, ajoute ce clintonien, impossible pour Hillary ou Barack d'arriver au chiffre magique des 2025 délégués requis pour obtenir la nomination".
C’est vrai !… Avec nos petites calculettes, nous avons tous le même résultat. Même si Barack gagne d’ici à maintenant le reste des primaires, il ne peut avoir ses 2025 délégués. Et Hillary l’a bien compris. Elle et son mari misent désormais tout sur la convention fin août a Denver. Là, les super délégués, à savoir ces bons notables du parti démocrate, les anciens présidents, les gouverneurs, les sénateurs, les maires des villes auront le dernier mot et le dernier vote. Hillary les séduit depuis plus d’un an… et Bill les a tant cajolé pendant 12 ans…
Avec les super délégués, Hillary a véritablement une chance de l'emporter au mépris du peuple. Cet acharnement sans pitié qui débute provoquera une crise terrible voir un éclatement du parti démocrate mais qu’importe... Que ne ferait une femme, c’est vrai pour le pouvoir ! A moins d’un retour au calme, au bon sens et a l’unité, les fans d’Hillary sont en train de provoquer un désastre politique sans précédent. Un ami parisien de passage a New York me disait cette semaine en écoutant Obama quelle leçon de démocratie, l’Amérique en ce moment donne au monde". Il a raison car ce combat de titans suscite aussi une passion sans précédent et inspire des milliers de jeunes à participer au débat politique. Mais dans cette "leçon de démocratie", l’Amérique doit se montrer exemplaire et non pas changer les règles du jeu quant la situation n’est pas bonne.
L’Amérique démocrate ne peut mépriser le vote populaire et le peuple. Le dernier qui l’avait fait s’appelait George W. Bush. Best off photos de la semaine. Compétition acharnée cette semaine a New York entre les chiens venus de tous les Etats pour remporter le titre de best in town. Uno a gagné, il était "un beagle" la première fois en plus de 130 ans qu'un beagle a gagné…
En face deses concurrents, un caniche avec beaucoup d’expérience et sa fille caniche.
Et le vieux sage plein de rides…
03:05 Publié dans Made in politics : l'édito de LH | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Howard Ickes, Hillary Clinton, Barack Obama, Bush, démocrate, républicain, Amérique
WEEK END : BEST OFF !
A 11h30, l’annonce est précise: "Hillary Clinton, selon son directeur de campagne Howard Ickes "ira jusqu'au bout". Qu’importe le vote populaire, elle se battra délégué par délégué, Etat par Etat et ira même à Porto Rico le 7 juin. "Mathématiquement il est, ajoute ce clintonien, impossible pour Hillary ou Barack d'arriver au chiffre magique des 2025 délégués requis pour obtenir la nomination".
C’est vrai !… Avec nos petites calculettes, nous avons tous le même résultat. Même si Barack gagne d’ici à maintenant le reste des primaires, il ne peut avoir ses 2025 délégués. Et Hillary l’a bien compris. Elle et son mari misent désormais tout sur la convention fin août a Denver. Là, les super délégués, à savoir ces bons notables du parti démocrate, les anciens présidents, les gouverneurs, les sénateurs, les maires des villes auront le dernier mot et le dernier vote. Hillary les séduit depuis plus d’un an… et Bill les a tant cajolé pendant 12 ans…
Avec les super délégués, Hillary a véritablement une chance de l'emporter au mépris du peuple. Cet acharnement sans pitié qui débute provoquera une crise terrible voir un éclatement du parti démocrate mais qu’importe... Que ne ferait une femme, c’est vrai pour le pouvoir ! A moins d’un retour au calme, au bon sens et a l’unité, les fans d’Hillary sont en train de provoquer un désastre politique sans précédent. Un ami parisien de passage a New York me disait cette semaine en écoutant Obama quelle leçon de démocratie, l’Amérique en ce moment donne au monde". Il a raison car ce combat de titans suscite aussi une passion sans précédent et inspire des milliers de jeunes à participer au débat politique. Mais dans cette "leçon de démocratie", l’Amérique doit se montrer exemplaire et non pas changer les règles du jeu quant la situation n’est pas bonne.
L’Amérique démocrate ne peut mépriser le vote populaire et le peuple. Le dernier qui l’avait fait s’appelait George W. Bush. Best off photos de la semaine. Compétition acharnée cette semaine a New York entre les chiens venus de tous les Etats pour remporter le titre de best in town. Uno a gagné, il était "un beagle" la première fois en plus de 130 ans qu'un beagle a gagné…

En face :
Ses concurrents un caniche avec beaucoup d’expérience et sa fille caniche.

Et un vieux sage plein de rides…

03:00 Publié dans Made in politics : l'édito de LH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Howard Ickes, Hillary Clinton, Barack Obama, Bush, démocrate, républicain, Amérique
14 janvier 2008
EDITO - LE COMIQUE DU MOMENT
Ce samedi soir a l’hôtel Mariott de Columbia, capitale de la Caroline du sud on danse. Les écoles de la région organisent une compétition de danse et les grandes étoiles de 4 ans rejouent Little miss Sunshine. Dans la salle les mamans sont toutes bien souriantes et grosses. Et oublient un soir d’hiver la campagne. Car à quelques mètres de là, le ballet politique bat son plein. John, Mike, Hillary et le autres envahissent ces jours-ci ce petit état du sud qui dans le passé ne s’est jamais trompé sur une nomination républicaine. « Celui qui gagne la Caroline du sud jouera la finale de Novembre » affirme les hommes politiques locaux qui me demandent tous si « c’est bien vrai que Le Président français va se marier… »
Ici on devise en campagne et on retrouve l’ambiance de l’Iowa. Tous mes candidats favoris protégés comme toujours par leurs armées de petits soldats en blackberys qui nous imposent le royaume de l’inaccessible, nous le petit peuple de journalistes.
Seul un homme fait ce qu’on appelle « open press et media avalablity » comprenez « presse ouverte et réponse aux questions ». Il s’appelle John Mc Cain, 71 printemps, héros de la guerre du Vietnam, ancien sénateur d’Arizona. Le comique du moment, le plus drôle à regarder.
Accueilli à chaque meeting par une foule de retraités qui idolâtrent cette star aux cheveux blancs. Lorsque John arrive, des dizaines de petits retraités hurlent « THE MAC IS BACK », allusion à l’élection de 2000 où Mc Cain s’était battu comme un lion dans cet état pour remporter la nomination. W Bush l’avait emporté sur lui…mais qu’importe…. Nous sommes en 2008 et Mc Cain revient à ses anciennes amours, la conquête de la Présidence des Etats-Unis.
Sa stratégie est simple : faire sourire les lecteurs et raconter des blagues. Je ne plaisante pas. Le candidat Mc Cain fait campagne comme vous le verrez la semaine prochaine dans l’Effet papillon (dimanche à 12h sur CANAL+) en ne racontant que des blagues !
Entre deux plaisanteries sur Reagan et les avocats, il glisse pendant deux minutes qu’il a bien été « le seul à approuver la politique de Bush en Irak depuis le début et qu’il faut lutter contre al Qaeda pour la survie de l’Amérique face aux extrémistes islamistes ».
Cela paye dans cet état où la majorité des électeurs ont un ami ou fils en Iraq… Mc Cain et ses blagues sont numéro un du hit parade républicain ! Au BBQ samedi dernier où on dine à 16h30 un pilote de 21 ans m’expliquait à quel point « il aime Mc Cain car il a de l’expérience ».
« Dans le monde trouble dans lequel nous sommes », répètent les supporters de Mc Cain ravis, « un vieux à la maison blanche, vétéran du Vietnam, c’est mieux que bien. »
Ces derniers jours, Mc Cain montre aussi souvent en fin de discours son bracelet au poing gauche. « Un bracelet » dit- il, « donné par une maman dont le fils de 22 ans est mort en Irak en septembre dernier ». Pour Mac Cain « ce bracelet symbolise une Amérique forte qu’il ne faut pas lâcher ». Avant d’enchainer sur une nouvelle blague.
08:40 Publié dans Made in politics : l'édito de LH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : l'édito de la semaine, John Mc Cain, républicain
03 janvier 2008
EDITO : ON A TOUS EN NOUS QUELQUE CHOSE D'IOWA
Des Moines, Iowa , 2 janvier 2008.
A quelques heures du vote dans l'Iowa, on prédit ici un record absolu de participation. Dans la presse française, il est souvent commun de dire que "l'Iowa ne compte pas vraiment".
A New York, les intellectuels se gaussent souvent de "cet état microbe en plein milieu du rien" et chacun y va de son petit refrain sur cette "Amérique trop profonde qui n'intéresse personne".
Mais après vérifications, au-delà du froid affreux qu'il fait ici, l'Iowa est l'un des Etats les plus symboliques de cette nouvelle Amérique si inconnue en Europe.
C'est en Iowa que les lycéens ont le plus haut niveau de réussite au bac, c'est aussi ici qu'il y a le plus de librairies et le taux de participation est l'un des plus élevés du pays.
Pour cette campagne, des millions de dollars ont été dépensés ici, des centaines d'aides dépêchées dans les champs enneigés et les communications politiques les plus avancées testées.
Tous les Iowans que j'ai rencontrés sont des junkies de la politique. L'Etat compte trois millions d'habitants, un million est inscrit sur les listes électorales et 40% votent.
Ces 40% connaissent tous des candidats et se sentent investis d'une mission civique de montrer au monde, comme ils l'expliquent, "the best person for this time", la meilleure personne du moment....
Alors, dans les petites églises nombreuses de la région, on prie pour Mike Hucakebee celui "qui rassure dans ce monde qui va si mal". Dans les bibliothèques, on respecte beaucoup "le héros du Vietnam" John Mc Cain... Côté démocrate, dans les universités, "on adore la jeunesse" d'Obama, dans les hopitaux on est séduit "par la passion" de John Edwards "à défendre la classe moyenne" et dans les country clubs "l'expérience et la force de caractère" d'Hillary Clinton impressionne même si on espère "un nouveau visage". A chaque meeting de ces candidats, les gens ont leurs yeux remplis d'espoir.
Cette nuit dans le centre de la convention, nous journalistes, seront loin de cela... Nous scruterons le moindre pourcentage, la moindre défaillance, le moindre signe de fatigue, la moindre petite phrase de victoire.
Dans l'Iowa, on scrutera simplement, calmement les résultats en espérant comme me le confiait un professeur avoir "bien fait son devoir civique".
En 2000, les Iowans avaient choisi en premier Al Gore et Georges W Bush. En 2004, ils avaient voté pour John Kerry.
Pour les Iowans jusqu'au bout, dans cette Amerique 2008, six présidents sont possibles .
08:55 Publié dans Made in politics : l'édito de LH | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : made in politics, l'édito de LH, Iowa, démocrate, républicain
24 décembre 2007
EDITO - JOYEUX NOEL DES CANDIDATS !!!
Mes candidats s’arrêtent pendant DEUX JOURS ! Trêve de Noël oblige. Après, nous serons tous dans L’Iowa… car chacun le sait ici nous sommes bien à J-11 du début ou de la fin de tout.
Mais avant de se reposer, chacun m’envoie sa petite carte de vœux. Dans la politique américaine tout est lié à l’image alors bien sûr Noël se fête en carte de vœux vidéos.
11:00 Publié dans Made in politics : l'édito de LH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Made in Politics, IOWA, démocrate, républicain, noël
17 décembre 2007
EDITO - LE PETIT MONDE D'HILLARY
Elle était une candidate parfaite mais en ce mois de décembre Hillary est confrontée à la plus sérieuse crise de sa campagne dans sa course à la Maison blanche. Dans L'Iowa, les foules sont de moins en moins nombreuses face a ses meetings...
Elle était une candidate parfaite mais en ce mois de décembre Hillary est confrontée à la plus sérieuse crise de sa campagne dans sa course à la Maison blanche. Dans L'Iowa, les foules sont de moins en moins nombreuses face a ses meetings...
Elle était une candidate parfaite mais en ce mois de décembre Hillary est confrontée à la plus sérieuse crise de sa campagne dans sa course à la Maison blanche. Dans L'Iowa, les foules sont de moins en moins nombreuses face a ses meetings...
Son équipe panique. Jeudi dernier, l'un des ses conseillers a même répandu partout le bruit que son rival "Barack Obama ne pouvait pas être un bon président car il avait pris de la cocaïne dans sa jeunesse". Barack a toujours reconnu les faits et ces attaques de bas niveau critiquées par la presse n'ont pas plu à Hillary. A la descente de son avion privé, elle s’est même excusée personnellement auprès de son rival et a forcé son collaborateur à démissionner. Mais le mal est fait : Hillary est apparue comme une vieille méchante face au petit jeune victime…
Les impitoyables sondages montrent à présent qu’elle risque de perdre L'Iowa et même le New Hampshire..
Et pourtant ce qui est remarquable d’observer, comme je l'ai fait pour L'Effet Papillon (émission de dimanche 16 décembre 2007), c'est que rien ne change. Rien n'ébranle le petit monde d'Hillary.
Sa campagne est gérée comme un show de présidente. Pas comme celui d’une candidate. Devant ses supporters qui l'attendaient jeudi des heures dans la neige, Hillary n'a même pas baissé la vitre de sa voiture à son arrivée. Elle est restée accrochée à son téléphone portable, Déesse de la politique au milieu de son peuple qui la saluait.
Cette semaine, ses stratèges ont une idée brillante pour terminer en beauté cette campagne catastrophique. La faire sillonner pendant cinq jours L’Iowa en hélicoptère. Baptisé bien sur L'"Hillacopter". On y promet, disent tous les communiqués, "des stars avec Bill en tête".
"L'hillacopter" a pour mission de se poser dans les principaux villages de L'Iowa aux maisons endettées. Et les services secrets débarqueront bien en fanfare chez ces braves Iowans dont beaucoup n'ont jamais pris l’avion.
Dans ce fin fond de L'Amérique le Hillaryland ne cesse d’imposer son style. On y voit encore et toujours les Clinton déjà présidents, leurs assistants trop bien habillés dans la boue, surexcités sur leurs blackberrys, arrogants à la moindre question posée par la presse.
Hillary a pourtant un programme solide, une réforme de sante prête, beaucoup de substance et de profondeur dans son discours qu’elle énonce d'une voix froide.
On la sent hélas distante, trop technicienne, trop maquillée…Dans ce pays où l'image compte plus que tout, on aurait envie de la décoiffer, de lui dire d’arrêter de jouer ce festival de la politique. Il y a tout dans le Hillaryland sauf de l'humanité. Hélas, dans cette Amérique en doutes, c’est surtout un être humain que le peuple veut à la Maison Blanche.
11:05 Publié dans Made in politics : l'édito de LH | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Made in Politics, IOWA, démocrate, Hillary Clinton










